Samedi 5 juillet 2008

La 34ème livraison du Bulletin de la Fondation Ça ira sort de presse la semaine prochaine. Dès nos premières publications, nous nous sommes attachés à situer l’œuvre et les activités éditoriales de Paul Neuhuys dans le contexte des mouvances littéraires et plastiques de ce qui fut qualifié dans les années vingt du siècle passé d’ « esprit nouveau », sans pour autant négliger les « avant-gardes » contemporaines, nettement pressenties par Neuhuys – de Dada à la poésie concrète et sonore. N’est-ce d’ailleurs pas grâce à sa perspicacité  – où devons nous dire : grâce à sa nonchalance appliquée, à son application nonchalante ? – qu’il nous a été donné de tracer des itinéraires reliant Clément Pansaers, Paul van Ostaijen, E. L. T. Mesens, Odilon-Jean Périer, Jean Cocteau, Eddy du Perron et Michel de Ghelderode à Pierre Garnier et Henri Chopin, en passant par André Blavier et Édouard Jaguer. Dans ce contexte, des acteurs soi-disant mineurs, mais non moins influents,  tels Maurice Van Essche, Willy Koninckx, Paul et Freddy de Vree furent évoqués.

C’est dans la même optique que nous consacrons un dossier à Maurice Gauchez, animateur omniprésent et déjà contesté dans les années vingt, poète et romancier bien oublié aujourd’hui, mais dont les activités débordantes ne furent pas sans influencer le coloris et la tonalité de la vie littéraire en Belgique. Il eut l’incontestable mérite de donner une tribune à Michel de Ghelderode qui, bien sûr, le reniera.


Pierre-Louis FLOUQUET, Michel de Ghelderode, bois gravé, 1928

En publiant un article de Paul Neuhuys consacré au Feu sur la banquise, un recueil de Léon Chenoy illustré par Pierre-Louis Flouquet, ainsi qu’un article de Chenoy à propos du Zèbre handicapé de Neuhuys, illustré par Floris Jespers, nous complétons le dossier du Bulletin 32 consacré à Chenoy, poète et critique injustement oublié.

Les « Notes de lecture » sont consacrées à Henri Chopin et à Geert Van Bruaene, et dans la rubrique « En bref » nous croiserons Clément Pansaers, Wout Hoeboer et Paul Van Melle.

En page deux de couverture, nous répétons chaque trimestre que Paul Neuhuys présageait la « sorcellerie électronique ». C’est dans cette logique que le blogue de ça ira a été créé le 27 janvier. Depuis, il rassemble 137 articles.  Inscrivez-vous gratuitement à la « newsletter ». Ainsi, vous serez immédiatement avisé par courriel de la parution de chaque nouvel article. Si vous désirez  faire diffuser une information ou placer une communication ou un commentaire, n’hésitez pas à nous contacter : hfj@skynet.be.

Signalons enfin que deux joueurs viennent renforcer notre équipe : le romaniste Rik Sauwen, initiateur de l’étude de dada en Belgique, et l’historien Robin de Salle, animateur de la revue Connexion.

Au sommaire :

Paul NEUHUYS, Mai 68.

Paul NEUHUYS, Le Fric et l’Afrique.

Léon CHENOY, Le Zèbre handicapé de Paul Neuhuys (1923).

Paul NEUHUYS, Le Feu sur la banquise de Léon Chenoy (1925).

Henri-Floris JESPERS, Dossier portatif : Maurice Gauchez & Paul Neuhuys.

Maurice GAUCHEZ, À la recherche d’une personnalité (1928).

Notes de lecture : Henri Chopin ; Geert Van Bruaene.

En bref: Paul Van Melle, Wout Hoeboer, Clément Pansaers, le Théâtre de l’Homme.

 

Pierre-Louis FLOUQUET, Maurice Gauchez, bois gravé, 1928

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Mercredi 25 juin 2008

La philosophie pacifiste et anarchiste individualiste de Henri Ner (1861-1938) s’exprime dans le roman Le crime d’obéir — titre programmatique s’il en est —, le premier texte qu’il signe d’un pseudonyme quasi anagrammatique qui le rendra célèbre dans les milieux anarchistes et libertaires : Han Ryner.[1]

Ce roman contient en quelques phrases le noyau même de sa philosophie :

Comme tous ceux qui prétendent commander, il obéit. Nous n’imposons que des volontés qui nous furent imposées. L’orgueil d’être Colonel se paie de l’humiliation de subir le Général. Toute autorité est chose chancelante, essaie de s’appuyer à une autorité qui lui semble plus solide.

Conférencier et orateur de talent, Han Ryner participe à partir de 1903 au mouvement des « Universités populaires ». Il fut élu en 1912 Prince des conteurs sous l’impulsion de J.-H. Rosny aîné et par les lecteurs de L’Intransigeant. À une époque, cette distinction était en vogue : il y eut un Prince des poètes (Paul Fort), un Prince de l’épouvante (André de Lorde), un Prince des humoristes (Gabriel de Lautrec) et un Prince des gastronomes (Curnonsky).

Durant la première guerre mondiale, il exprimera avec ténacité son universalisme pacifiste et antimilitariste dans un grand nombre de petites revues politico-littéraires.

&

De septembre 1920 à février 1921, Han Ryner publie dans Ça ira des articles et notes de lecture sur Pierre Jean Jouve, Banville d’Hostel et Florian Parmentier.[2]

De plus, les archives des Amis de Han Ryner conservent le manuscrit d’une note consacrée à  Réformisme ou Révolution de Charles Plisnier, « sans doute destinée à Ça ira » :

 Cette brochure ne donne pas les raisons d’être socialiste. Elle donne les raisons d’être révolutionnaire » Ces raisons telles que les expose M. Plisnier, me paraîtraient, si j’étais bourgeois, singulièrement fortes et embarrassantes ; mais, si j’étais socialiste, ah ! comme elles me sembleraient faciles et bourgeoises !

Révolutionnaires de sang et bourgeois bellicistes : vous êtes les mêmes.

La plaquette de Plisnier parut en janvier ou au début de février 1921, peu avant la création du Parti communiste belge, avec une importante préface par Charles Rappoport, vieux routier russe de la gauche. [3]

&

Ça ira signale la collaboration de Ryner à Notre Voix et à La Revue de l’époque, ainsi que la « superbe étude » de Pierre Larivière consacré à Ryner dans le numéro du 1er mars 1920 de L’Art libre (Bruxelles).

Maurice Van Essche signe une note enthousiaste sur Les Apparitions d’Ahasvérus :

C’est toujours avec un intérêt renouvelé que nous voyons apparaître un nouveau livre d’Han Ryner. Par la profondeur de sa pensée et aussi par la richesse inépuisable de son cœur ce philosophe est un des écrivains les plus grands de notre époque. Il ne fut pas grandi par les événements, ni par la poussée des cénacles. [...] La masse l’ignore, mais il n’est pas un esprit éclairé qui ne le connaisse et qui ne se soit retrempé à sa sérénité, à sa foi, qu’il a su maintenir intactes au-dessus de la fange des temps présents.[4]

Quant à Willy Koninckx, présentant Le Père Diogène, il se plaît à souligner la clairvoyance et la franchise de Ryner.[5]

&

Les éditions Ça ira publieront une conférence de Han Ryner, Les Artisans de l’avenir.[6] La correspondance de Maurice Van Essche (13 lettres) et Han Ryner (11 lettres), conservée au Archief en Museum voor het Vlaamse Cultuurleven (AMVC) à Anvers, s’échelonne du 2 juillet 1920 au 25 décembre 1921.

L’imprimeur de Ça ira ne semble pas avoir été particulièrement diligent, car le 14 août 1921, Van Essche s’excuse auprès de Pierre Larivière (né aux environs de 1884 - 25 février 1932), le dessinateur du frontispice, :

 ... vraiment confus du retard apporté par notre imprimeur à l’impression de la brochure de notre grand ami Han Ryner. Nous venons cependant de corriger les premières épreuves. Nous recevrons la seconde jeudi ou vendredi (après les fêtes anversoises) et l’enverrons immédiatement à notre ami pour qu’à son tour il puisse les vérifier. La parution de la plaquette ne tardera donc guère

 

Les Artisans de l’avenir paraît enfin début octobre 1921. Le prix de vente de la plaquette était fixé à 1,75 F ; les frais d’impression pour 1150 exemplaires s’élevaient à 553 F ; pour les éditions Ça Ira c’était un fort tirage, mais il s’agissait d’une co-édition avec Les Amis de Han Ryner.

&

Tout comme Barbusse, Rolland, Bazalgette, Edmond Picard et Xavier Privat, Han Ryner adresse un message aux organisateurs de la manifestation « démocratique et artistique » en hommage à Georges Eekhoud au Théâtre lyrique à Schaerbeeck, le 27 mars 1920. Willy Koninckx signalera cette « importante manifestation » dans Ça ira.

Du 17 au 20 avril 1922 se tient à Bruxelles un « Congrès Interstellaire » organisé par Pierre Bourgeois, manifestation rassemblant des « intellectuels indépendants dans un esprit de vaste fraternisation ». Han Ryner y donne une conférence.

Henri-Floris JESPERS



[1] Han RYNER, Le crime d’obéir. Roman d’histoire contemporaine, Paris, La Plume, 1900 ; réédition : Conflans, éditions de l’Idée libre, 1925, 254 p.

[2] « Un livre à aimer », no 6, septembre 1920, pp. 147-149 ; « Banville d’Hostel », no 9, décembre 1920, pp. 193-199 ; « P. J. Jouve : Romain Rolland vivant », no 10, janvier 1921, pp. 222-223 ; « Florian Parmentier : L’Ouragan », no 11, février 1921, pp. 238-240.

[3] Cf. Henri-Floris JESPERS,  Maurice Van Essche : Dossier provisoire (II), in Bulletin de la Fondation Ça ira, no 24, 4ème trimestre 2005, pp. 3-8.

[4] Maurice VAN ESSCHE, Notules, in Ça ira, no 7, octobre 1920, pp. 171-172.

[5] Willy KONINCKX, Notules, in Ça ira, no 9, décembre 1920, p. 207.

[6] Les Artisans de l’avenir: conférence prononcée à Paris, le 27 février, Salle Procope pour la première matinée de la guilde Les Artisans de l’avenir. — Paris, Amis de Han Ryner ; Eeckeren-Anvers, Ça ira, 1921, 42 p. Frontispice : Pierre Larivière.

 

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Vendredi 20 juin 2008

Chez Bernaerts à Anvers, cinq lettres d’Éluard à Van Hecke (1942) ont été adjugées le 18 juin à 1.200 €. Dans cette correspondance d’un ton très amical, il est souvent question des prix des tableaux passés récemment en vente.

Un portait d’Éluard par le photographe Henri Martinie (1897-1965) a fait 1.050 €. Deux tirages originaux d’un photographe non-identifié, représentant Van Hecke, Éluard et Mesens dans un restaurant, ont atteint 1.100 €.


Enfin, une photo d’Éluard au tir à la fête de Montmartre, montée en carte postale, a trouvé acquéreur à 1.600 €. Éluard confirme avoir bien reçu les numéros de Variétés, revue dirigée par Van Hecke (mai 1928 – avril 1920), ce qui permet de dater approximativement cette photo.

Le dossier concernant l’annonce du numéro spécial de Variétés, «  Le Surréalisme en 1929 » (projets, maquettes originales, bon à tirer correspondance avec l’imprimeur etc., ainsi qu’une lettre de Breton et une d’Aragon), adjugé à 6.800 € (+ 23 %), a largement dépassé les estimations les plus généreuses.  

Il en est de même de l’ensemble de sept lettres / cartes mss. de Magritte adressées à Van Hecke (1938-1942), et d’une liste d’objets en dépôt chez Norine Van Hecke, adjugé à 13.000 € (plus 23 %). On y retrouve la description de la genèse de quelques tableaux de Magritte (« L’ embellie » et « Le mal du pays »).

HFJ)

 

 

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Jeudi 19 juin 2008

Le 18 juin, à l’hôtel de vente Bernaerts à Anvers, une importante missive de Fernand Léger à Paul-Gustave Van Hecke, a été adjugée 1.600 €.

Dans cette lettre manuscrite de 2 pages in-4°, recto, datée du 31 août 1932, Fernand Léger s’étend sur le but de son film « Ballet mécanique » :

« C’est un film de tendance classique, anti-Romantique par le fait que j’évite toute valeur expressive et sentimentale. Son action comme influence a été considérable sur l’emploi de l’élément mécanique, dans l’art publicitaire, et sur le renouvellement de dispositif des étalages et des vitrines. »

(HFJ)

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Mercredi 11 juin 2008


Henri Chopin: Radiophonics03 Bruxelles, 2 décembre 2003. Photo: (c)Kris Kenis


Denis Gielen publie dans L’art même (no 39) “Deux ou trois choses que je sais d’Henri Chopin”. Il constate que Chopin, « contrairement à un André Breton, n’a jamais désiré être le pape d’aucun mouvement » et « qu’à l’instar du Lettrisme et du Situationnisme »,

« sa poésie sonore fut bel et bien révolutionnaire au sens politique où elle n’eut de cesse de s’en prendre au conditionnement de notre pensée par les mots. À considérer enfin les déconstructions linguistiques au sein des mouvements contre-culturels des années 1960, du Nouveau Roman à l’Art conceptuel en passant par la Nouvelle Vague, elle est même devenue l’une des influences historiques les plus fécondes. »

Le musicien Joachim Montessuis souligne (www.mouvement.net) que Chopin restera un exemple de ceux, « trop rares » , qui sont allés « jusqu’au bout ».

C’était tout de même un sacré énervé. Souvent virulent, l’air de rien. Je le trouvais assez peu compris et apprécié en France, par les poètes comme par les musiciens, alors qu’il était une sommité extrêmement respectée internationalement. [...]Toute une génération était en train de le découvrir grâce à Internet, le milieu du noise l’accueillait à bras ouverts [...].

À la même adresse, Florent Delval nous rappelle que Chopin a été beaucoup plus loin qu’Isidore Isou :

Henri Chopin nous a quittés peu de temps après Isidore Isou [...]. L’un comme l’autre n’auraient pas aimé se voir cités côte à côte dans la même phrase. Pourtant, tous deux ont participé à la dernière avant-garde historique. Avec le Lettrisme, Isou a tenté de proposer un système alternatif à celui imposé par la Société, totalité où la poésie s’est finalement perdue jusqu’à devenir anecdotique. Dans son délire, le maître d’école régentant son petit groupe n’a pu tolérer Henri Chopin, sauvage énergumène, chantre d’un illettrisme radical quand Isou, qui se débarrassait de la grammaire et du lexique, mimait encore des phrases.


Henri Chopin live (2005)


 

 


 

 


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Mercredi 4 juin 2008

Dada, comme l’affirmait Clément Pansaers, a voulu être le mot d’ordre d’un certain esprit.

Dada, microbe vierge, existait bien avant qu’il ne fût identifié à Zurich pendant la première guerre mondiale.

On peut parler de diaspora Dada.

Déjà le dadaïsme est une dégradation de Dada.

Dada est fondé sur les données immédiates de la conscience qui ne sont pas celles de l’intelligence. C’est la conscience qui nous met en garde contre une déviation vers l’auto-destruction tandis que l’intelligence est soumise à un atavisme créé par la civilisation.

Pansaers parle à ce sujet de « déblayage brutal », et serait en droit de s’écrier aujourd’hui : « Qu’est-ce que c’est Sartre, Breton ? Connais pas, connais pas. » Car ce qui attire dans dada c’est à fois le nihilisme et le juvénilisme.

Entre l’existentialisme, démission devant l’absurde, et le surréalisme, rémission par le merveilleux, il y a Dada, qui est le fléau de la balance.

Le code dada s’établit sur un critérium clair et net : Les individus se ressemblent par leur dissemblance. L’individu seul est nature et peut condenser sa pensée en un mot, un geste, un objet.

Mais aussitôt qu’un groupe de dadaïstes ne songea plus qu’à épater la galerie, il perdit sa raison d’être et devint Tam-Tam Réclame.

Et Pansaers de nous expliquer qu’il se retira du groupe dans la nuit du 25 avril 1921, après une réunion orageuse, suivi de près par Francis Picabia.

Mais, conclut-il, malgré tout Dada a existé et existe. « Comme toujours certains attendent des œuvres, comme il y en a encore qui attendent le Messie. Et qu’importe qu’elles ne soient qu’une curiosité... provisoirement. »

(1958)

Clément Pansaers, Bar Nicanor, 1921

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Mardi 3 juin 2008

Neuhuys talks of Dada in Paris (which was in any case its end) and he misses the real departures : Zürich 1916, three of four months after the first number of SIC. Naturally, Dada in Berlin, in 1918, very revolutionary, very determined, is missing, too, and I wonder whether Tristan Tzara is not responsible for this omission, as he was one of the creators in Zürich and not at all the creator of the anti-group.

"Poéme portatif " by Jean Crotti, ça ira!, number 16, November, 1921
Prose by Christian, ça ira!, number 16, November, 1921

This leads me to a famous number of Ça Ira!, the peak, the Dada number with Céline Arnauld, Pierre Albert-Birot, Christian, Jean Crotti, Éluard, Pierre de Massot, Pansaers, Benjamin Péret, Picabia, Ezra Pound, Georges Ribemont-Dessaignes, Renée Dunan. With such an assembly, you can only have to read. I quote just one thing, from an author I had never read, Renée Dunan:

The author may be what he likes: mad, bicephal, solicitor, tetrapod, bolchevik, chimney-sweep of paralytic, oniric or paranoiac, the work can set into motion your mental menagerie: if your senses are moved, of the work lasts and finds an echo inside you, the author is a genius. Any other conception is absurd.

Other names should be mentioned: Pascal Pia, Yvan Goll, Blaise Cendrars, van Tongerloo, Arthur Pétronio, the lovely post-cubist lino-cuts by Pierre-Louis Flouquet, another poem by Renée Dunand, called ‘Convexités’, a long survey by René Edme, ‘Poetariate’ (to compare to the mixtures of words so dear to Raoul Hausmann), the illustrations by Ludwig Kassak and Karel Maes.

To conclude rapidly, let us leave Neuhuys after twenty numbers of Ça Ira! with his love of a certain lightness of touch:

Céline Arnauld is a Scheherazade who invents songs for those who, like her, need to calm their anger, their regret. She has deliberately left the traditional paths and leads the joyful pack of images over the sunny hillside.

Ça Ira! brings a breath of fresh air into a house.

Go and read it.

Don’t finish it, if you want a glimpse of our new century.

Henri CHOPIN

Poznan, Poland, August 1973.

English version: Jean CHOPIN

Collection OU, 7, Ingatestone, Essex, 1977.

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Lundi 2 juin 2008


À l’invitation du Cercle ExLibris, Henri-Floris Jespers tiendra le 4 juin une conférence sur Hugo Claus :

Hugo Claus, definitief voorlopig of voorlopig definitief?

Mercredi 4 juin, Cercle ExLibris, “Taverne Rochus", Sint-Rochusstraat 67 à Deurne/Anvers. L’orateur prend la parole à 21h.


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Lundi 2 juin 2008

Mercredi 11 juin à 20h30, conférence  Les Versets douloureux : Bible, Evangile et Coran entre conflit et dialogue avec la participation exceptionnelle de :

David Meyer, rabbin et professeur invité (ULB, Institut Saint-Louis, Athénée Ganenou).

Yves Simoens, jésuite, enseigne la Bible au Centre Sèvres de Paris et à l'Institut Biblique Pontifical de Rome.

Soheib Bencheikh, ancien Grand Mufti de Marseille et fondateur de l'Institut Supérieur des Sciences Islamiques.

Modérateur : Paul Danblon, journaliste et président du Centre Laïque de l'Audiovisuel (CLAV).

 

Que la Torah, l'Evangile, le Coran contiennent des appels à la violence ou soient invoqués pour justifier le mépris, voilà qui inquiète ou révolte tout être humain et davantage encore les croyants. Un juif, un chrétien et un musulman parcourent ici leurs Ecritures respectives et les traditions qui s'en réclament. A bien les comprendre, contiennent-elles vraiment de tels « versets douloureux » ? Si oui, quelle attitude adopter? Chaque communauté de croyants, instamment invitée au courage de l'autocritique, se doit d'abord de « balayer devant sa porte », si elle veut être fidèle au cœur du message qu'elle porte.

Adresse : Centre Communautaire Laïc Juif (CCLJ), Rue de l'Hôtel des Monnaies 52 à 1060 Bruxelles

P.A.F. :

- catégorie I-VIP (places numérotées, seul le paiement confirme la réservation, non-remboursable) : 10 € membres, 12 € non-membres,

- catégorie II : 6 € membres, 8 € non-membres, 3 € étudiants/chômeurs

Informations et réservations au CCLJ : 02/543 02 70 ou info@cclj.be

Restauration au CCLJ dès 18h (réservez votre table au CCLJ au 02/543 02 70)

Avec le soutien de la Région de Bruxelles-Capitale.

 newsletter@shalomarchav.be

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Lundi 2 juin 2008

Wout Hoeboer: Frommage à Picabia

Entering the so-called cultural world, we are still engaged in the same struggle when I read, from the pen of Jacques Lothaire, speaking of the French Academy and the Institute :

I say once and fo all get rid of the senile element that we bother ourselves with so pointlessly. We must be modern. And for that, don’t swoon before the most stupid pseudo-modern lucubrations; but only fools will make the mistake: Péguy and his blue eyes when they said: ‘We shall never know all the

cowardice that the fear of not appearing sufficiently modern has been responsible for.’ But, in spit of Péguy’s words, we must be modern. For that, we don’t need to deny or scorn the work of past centuries; only the Futurists fell into this trap. But the works of Victor Hugo in 43 volumes are for us less interesting than Apollinaire’s Calligrammes or a Dada book.

Woodcut by Guy Boscart aka Clément Pansaers, 1918

What dominated then, our senile structures, is said in a perpetual struggle of academism against discoveries. The same academic plague still exists, and it must force a certain number of young discoveries te become more conventional as they grow older – or else, by not seeing our century, so different from the Judaeo-Christian civilisation, a century that is gradually being constructed. This is the only century that has any hold on me personally as I have the advantage of surveying it from 1909 (Futurism) to 1973. This is what leads me towards a certain indulgence in noting that there was no flaw in the first seekers, whose over-all freedoms are finally the only values of the century. Which means that Charles Péguy, compared with them, is simply a good Catholic, in spite of the doubtful publicity he has been given, especially by certain retarded persons who have become Heads of State. If only Péguy knew how he was used! If only he knew how much Catholicism is giving way, catching the last boat! He would certainly feel ashamed.

In this fine production of Ça Ira!, I invite you to read the notes, where Pansaers, Nicolas Bauduin, Paul van Ostayen are toegether. And further on, as I turn the pages, I read quotations from the dangerous Paul Colin, who made such mistakes, used by Jacques Lothaire:

Since the armistice, skilful politicians have skilfully cultivated the people’s anger, which was thus turned against the Germans, instead of against war.

Yes it should have been, but not by keeping a certain trust in any ideology.

Unlike the latter, it is again Paul Neuhuys who remains lucid, in his series ‘Few Poets’. This time he talks of Jean Cocteau, and dada, through Tristan Tzara, André Breton, Philippe Soupailt, Louis Aragon, Paul Éluard, Francis Picabia and Clément Pansaers. If Neuhuys was mistaken ‘in considering Jean Cocteau as peerless’, it doesn’t matter. Cocteau never understood the century, having produced too much modern stuff by using old, as in his films, his amazingly poor drawings of his superficial poems. But – in 1921 – it may have been possible to believe in him... a little.

Henri CHOPIN

Collection OU, 7, Ingatestone, Essex, 1977.

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